Airam Hernández (Don José) & Léontine Maridat Zimmerlin( Mercédès) – Carmen – Capitole de toulouse (June July 2026) : reviews

Face à elle, Airam Hernandez, ténor espagnol en passe de devenir l’un des piliers du Théâtre du Capitole (et le public toulousain ne s’en plaindra pas !…), et dont les incarnations successives in loco ont marqué les esprits, campe un Don José d’anthologie. Sa composition saisit par sa crédibilité : il incarne à la perfection cet homme faible, rongé par une jalousie animale, dont la violence possessive surgit avec une effrayante spontanéité. Mais ce qui marque tout autant, c’est l’extraordinaire raffinement de son chant. Son « Air de la Fleur » est un moment de pur bonheur lyrique : des demi-teintes subtiles, desdiminuendi d’une beauté à couper le souffle, une ligne de chant tendue à l’extrême, servie par un timbre chaud et une émission parfaitement maîtrisée. C’est simple, on n’avait pas entendu un tel niveau d’interprétation dans ce rôle depuis les grandes heures de Jonas Kaufmann ou Roberto Alagna !… La mezzo Léontine Maridat-Zimmerlin, lauréate de nombreux concours et nommée aux Victoires de la Musique Classique 2026 dans la catégorie « révélation« , apporte à Mercedes un timbre chaud et une malice complice qui achèvent de convaincre. ClassiqueNews
Face à elle, Airam Hernández est un Don José tout en violence, jusque dans un chant où la projection est parfois portée à l’excès. Le timbre demeure chaud, appréciable, avec des aigus solaires. La diction française est fort appréciable, et son jeu ne s’arrête pas à l’aspect juvénile d’un jeune homme dépassé par les émotions qu’éveille en lui Carmen. D’ailleurs, s’il a quitté son village, ce n’est pas sans raison (comme dit plus haut en écho à la nouvelle de Mérimée). Il apparaît plus mature, déchirant sans honte la lettre de sa mère dans laquelle elle lui demande d’épouser Micaëla, revenant sur cette décision sous le regard triste de sa promise, dans l’ombre(…) Le duo Frasquita/Mercedes est tenu respectivement par Fanny Soyer et Léontine Maridat Zimmerlin (nommée aux dernières Victoires de la Musique Classique), laissant entendre leurs voix chatoyantes, s’entremêlant l’une à l’autre, se répondant harmonieusement dans le trio des cartes où deux personnalités se distinguent. opera-online.com
Don José, c’est Airam Hernandez, prise de rôle pour le ténor habitué du Théâtre, en progrès constant depuis son Alfredo, remarquable Walter dans La Passagère cette saison et Éric de luxe dans le Vaisseau fantôme auparavant. Il réussit sa prestation tout au long des quatre actes et surtout dans le dernier. Un chant “à fleur de peau“ où puissance et nuances vont toujours de pair, un jeu d’une poignante vérité. Investissement total. Avec sa Carmen, le tandem est fort réussi….enfin Fanny Soyer et Léontine Maridat-Zimmerlin, Frasquita et Mercédès se font favorablement remarquer dans chacune de leurs interventions. Culture 31
Lui donnant la réplique, le ténor Airam Hernández, au front blanc, aux cheveux blonds comme les blés, à la diction impeccable, campe un Don José dont l’audience ne discerne de prime abord que la nature de jeune premier. Candide, vouant un culte à sa mère et sa promise, qu’il ose à peine embrasser sur le front, désarmé devant la passion animale que suscite en lui Carmen… C’est peut-être ici l’aspect le plus intéressant de l’interprétation d’Airam Hernández, de montrer que la violence à même de faucher une femme a bien des visages, et se dissimule également derrière des cheveux blonds. En l’occurence, cette violence-là couvait avant la rencontre avec Carmen : dans la nouvelle de Mérimée, si Don José a quitté sa mère et son village, c’est parce qu’il a commis un crime. (…) Les voix des inséparables Frasquita et Mercedes, incarnées par la soprano Fanny Soyer et la mezzo-soprano Léontine Maridat Zimmerlin, ont su se complimenter pour leur part entre puissance et fraîcheur de timbre. C’est notamment dans « Les tintes des sistres tintaient », chanson bohème livrée dans la taverne de Lillas Pastia, qu’implose la sensualité et la vitalité du trio formé avec Carmen. L’Opinion
Dans le rôle du brigadier, amoureux et bourreau de Carmen, Airam Hernandez gagne ses galons de maréchal. Très présent sur la scène toulousaine dans des œuvres aussi différentes que « Le Vaisseau fantôme » ou « La Passagère », le ténor espagnol trouve en Don José le révélateur de son talent. Il chante bien, il joue bien et parvient à construire un personnage troublant par la musicalité sensible de sa voix. Pour cette prise de rôle en français, sa diction est claire et fluide La Dépêche